Ingestion d’amiante et cancers digestifs : préconisations de l’Anses
Date de publication : 23/11/2021La consommation d’eau potable issue de canalisations en amiante-ciment pourrait-elle générer des cancers digestifs ? Selon l’Anses, il faut instaurer une surveillance des fibres d’amiante dans l’eau, et déterminer l’état de vétusté des canalisations en fibrociment.
Caractérisation du danger lié à l’ingestion d’amiante
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a été saisie par la Direction Générale de la Santé (DGS). Sa mission :
• Réaliser une lecture critique des articles de deux scientifiques italiens (Di Ciola et Gennaro) alertant sur le lien entre cancers gastro-intestinaux et ingestion d’amiante, par le biais de la circulation d’eau potable dans des canalisations en amiante-ciment
• Dresser un état des lieux des connaissances scientifiques actuelles à ce sujet
• Fournir d’éventuelles préconisations pour évaluer les risques sanitaires
Le rapport, daté du 19 juillet 2021, a été mis en ligne le 10 novembre 2021.
Impossible d’écarter un effet sur la santé
Selon l’Anses, il est actuellement impossible d’affirmer l’existence d’un lien entre ingestion d’amiante et cancers digestifs. Mais certains « signaux » suggèrent une association possible entre amiante et cancers de l’œsophage, de l’estomac, du colon (colorectal) et du pancréas. En outre, des auteurs jugent qu’une ingestion d’amiante pendant un an, via l’eau contaminée, pourrait être du même ordre qu’une ingestion d’amiante par inhalation. Selon leurs caractéristiques dimensionnelles, les fibres d’amiante migreraient vers les organes digestifs.
Surveillance des fibres d’amiante dans l’eau
L’Agence préconise l’instauration d’une surveillance des fibres d’amiante dans l’eau destinée à la consommation humaine (EDCH). Elle recommande de procéder à cette surveillance par microscopie électronique à transmission analytique (META), comme pour la surveillance des fibres d’amiante dans l’air (mesures d’empoussièrement). Même s’il n’est pas possible d’établir une valeur guide, des campagnes d’analyse permettraient de mieux évaluer les risques. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) avait déjà émis cette recommandation.
Surveillance de la dégradation des canalisations en amiante-ciment
Outre les campagnes d’analyses de l’eau pour alimenter les études et futurs travaux épidémiologique, il faut s’intéresser à l’état des canalisations en amiante-ciment. Le risque sanitaire paraît plus important lorsque ces canalisations sont détériorées et donc friables. Le développement d’une technique d’inspection non-destructive est préconisé pour évaluer la dégradation des canalisations. Le groupe de travail de l’Anses insiste également sur la communication des résultats obtenus aux administrations compétentes, tant à l’échelle régionale qu’à l’échelle nationale. Les contrôles sanitaires pourraient être bientôt renforcés.
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